L'année
tire déjà à sa fin et on peut dire qu'elle
ne fut pas de tout repos. Guerre en Irak, ou plutôt résistance
contre l'occupation américaine en sol iraquien, crise(s)
en Haïti, guerre civile au Soudan, « Révolution
orange » en Ukraine, sans oublier les élections américaines
et, plus près de nous, l'élection de Paul Martin
en juin dernier, malgré un scandale devenu affaire de routine.
Sheila Fraser, la vérificatrice générale
du Canada a même été élue personnalité
de l'année par la revue L'actualité, un
mensuel habituellement très favorable à nos grands
chefs d'entreprises; c'est donc dire que la population a trouvé
cette année plusieurs motifs de cynisme envers les autorités
officielles, dont la cote de popularité se fait de plus
en plus chancelante. De son côté, Jean Charest a
profité de l'accalmie de mi-mandat pour encore une fois
tenter de se présenter auprès de l'opinion publique
comme l'homme de la situation: il a su jouer de façon magistrale
son rôle « d'orateur soporifique » tout en profitant
du rapport Mulcair sur le « développement durable
» pour redorer son image déjà peu reluisante.
Comme le soulignait Jean Dion dans l'édition du 18 décembre
2004 du Devoir, il est difficile de ne pas demeurer perplexe devant
les réelles volontés du gouvernement libéral
lorsque celui-ci met sur pied un projet de réforme du mode
de scrutin visant à redonner à la population, désabusée
face au jeu politique, une raison de croire que ses institutions
démocratiques sont valables, tandis que la même semaine,
il impose le bâillon pour la deuxième fois de son
mandat afin de voter des projets de lois impopulaires. Allez savoir.
Et puis, il ne faudrait pas oublier la tombée imminente
du projet de loi sur la réforme des CÉGEPS, concocté
par le très pédagogique Pierre Reid, et ce, au moment
où les professeurs seront plongés dans la correction
d'examens et où les étudiants ne seront pas en mesure
de se rassembler afin de mener une vague de protestation digne
de ce nom. Décidemment, l'année 2004 fut une très
belle année... pour le patronat du moins. Voyons brièvement
les hauts faits culturels et politique de cette année,
ne serait-ce que ceux s'étant démarqués du
lot, soit par leur médiocrité ou par leur excellence.
Cette simple dialectique nous permettra peut-être de tirer
des conclusions face à cette année mouvementée,
et qui sait, seront nous en mesure d'en tirer quelque chose de
bon ? Assez de bla bla, voici le plus meilleur bilan de l'année
2004. |