Arctic Monkeys
Whatever People Say I Am, That's What I'm Not
[ Domino ] 2006
Cote .: 3,5

Dans ce qui s’annonce être la plus grosse supercherie musicale des dernières années, le succès inexplicable des primates Artic Monkeys arrive très haut au classement. Lorsque la rumeur (ou la hype chez certains individus) est plus forte que tout, la déception et l’incompréhension sont vives.

Lancé en grande pompe au début de 2006, le disque Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not a défoncé tous les palmarès en Grande-Bretagne, au point d’être devenu l’album qui s’est vendu le plus rapidement depuis Oasis. Rien de moins ! Avec l’habituelle connotation des grands médias qui associent le mérite d’un essai au chiffre d’affaires rencontré, Artic Monkeys semble être le groupe « à connaître absolument » pour ne pas passer pour un ignorant.

Il faudrait toutefois faire attention à toutes les sottises qui se disent. Une fois sur deux, le « sauveur du rock » manque de gaz assez rapidement en jouant dans toutes les plateformes possibles et inimaginables. Pour des bonnes formations comme Interpol, Arcade Fire et Bloc Party, il y a eu The Bravery, The Killers et même Franz Ferdinand qui peinaient à se distinguer de la masse. Il faut maintenant rajouter à cette liste des Artic Monkeys encore plus exécrables et indigestes que tous les groupes mentionnés précédemment.

De quoi se composent les mélodies de cette bande d’ersatz ? Les classiques habituels. Des rythmes dansants à la Gang of Four. L’attitude des Clash. L’ironie des Smiths. Des élans très britpop. Une suffisance puérile simpliste un peu trop inspirée de Nirvana. Pour faire tenir 13 chansons sur près de 40 minutes, les pièces doivent être courtes et précises. De ce côté, à peu près tout pourrait se retrouver à la radio. Quelques écoutes et hop, l’achat du disque se fait instantanément. On l’écoute une demi-douzaine de fois et par la suite, c’est l’isolement dans la poussière.

De l’introduction pas trop désagréable de "The View From the Afternoon" à la trop accrochante "Mardy Bum", la poudre aux oreilles n’est pas mauvaise, mais seulement un peu beaucoup périmée. Le chanteur Alex Turner n’arrive jamais à passer des émotions par son timbre vocal extrêmement limité. Les refrains insipides sont légions (affreuse "Fake Tales of San Francisco") et les paroles, généralement primaires. Les "Dancing Shoes" et autres "Still Take You Home" pourraient êtres des défoulements en règle, mais la majorité du temps, ce sont des titres interchangeables qui se ressemblent beaucoup trop. Une ballade de mi-parcours incroyablement attendue ("Riot Van"), un "Red Light Indicates Doors Are Secure" singeant les The Streets et Libertines et du remplissage à la toute fin. Impossible de ne pas décrocher avant la fin.

Lorsqu’on « compose » pour faire de l’argent et qu’on se sert d’Internet pour gonfler l’écho et l’ego, ce n’est jamais bon signe. La très réputée compagnie Domino a mordu à l’hameçon, les gens en mal de musique jetable se sont dépêchés et cela donne Artic Monkeys, un des bands les plus surestimés du nouveau millénaire. Il se fera toujours pire que ce Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not, mais ce n’est pas une raison de louanger injustement des formations sans grand talent pendant que des vrais groupes inspirés comme The Delgados et Grandaddy passent l’arme à gauche.

 

.: Martin Gignac
Jeudi, 23 février 2006

   

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