Architecture in Helsinki
In Case We Die
[ Bar/None ] 2005
Cote .: 8,5
Écouter pour la première fois un album comme In Case We Die fait toujours plaisir. Avec des mélodies ensoleillées et déjantées, des arrangements éclatés et l'utilisation de multiples instruments (trombone, synthétiseurs, percussions en tous genres, scie ronde, etc.), tout est réuni pour faire du second effort de Architecture in Helsinki une expérience exaltante. Plonger dans un univers candide et ingénument créatif n'est jamais de refus; et c'est ce que nous offrent les membres du groupe le plus original de Melbourne, l'un de nos coups de coeur de l'année 2005.
Ceux qui ont été rebutés par les longues envolées pop-progressives de Fiery Furnaces ou les expérimentations aventureuses du Animal Collective trouveront certainement leur parti avec In Case We Die, un album qui rassemble les meilleurs éléments de ces deux excellents groupes à travers de brèves chansons ne dépassant que très rarement le seuil des trois minutes. Un peu comme les Flaming Lips savent si bien le faire, les petites symphonies pop et kaléidoscopiques de Architecture in Helsinki savent à la fois nous faire sourire, nous émouvoir, voire même nous traîner jusqu'au plancher de danse.
Meilleur exemple des aptitudes du groupe, la chanson titre "In Case We Die (Parts 1-4)" débute avec une petite mélodie toute enfantine accompagnée de guitares et de synthés un peu bonbons pour ensuite se transformer en fanfare mêlant cordes et cuivres se changeant prestement en chorale emphatique, style Polyphonic Spree, et se termine par une partie légèrement onirique, à la limite de la mélancolie. La pièce constituée de ses quatre parties se conclue sur ces mots empreints d'espoir: « Baby when we get older / We don't have to be colder ». Durée: trois minutes trente secondes !
Mélangeant les genres et exploitant à leurs limites les possibilités de chaque instrument ou appareil électrique, nos amis australiens ont en outre réussi à y insérer de solides compositions qui rappellent parfois le meilleur de Belle & Sebastian ou des Shins. Mieux encore, on pourrait affirmer que si Brian Wilson était né il y a vingt ou trente ans, il aurait probablement pondu un album comme In Case We Die, harmonies vocales et sublimes arrangements à l'appui.
Jamais trop propre, ni trop éclaté, l'album demeure accessible sans sacrifier la personnalité du groupe qui nous présente ici plus de bonnes idées sur un seul album qu'il y en a dans l'entière discographie du Dave Matthew's Band, ce qui est beaucoup trop dire. Mais le fait reste que l'ouverture d'esprit du groupe et son humour presque puéril pourrait ne plaire qu'à une frange bien particulière des consommateurs de cédés: celle des jeunes amateurs d'indie rock et de musique électronique trouvant un malin plaisir à citer des noms de groupes aussi obscurs que trop longs.
Pour les autres, soyez assurés que In Case We Die est une parution fort respectable susceptible d'élargir votre horizon musical comme peu d'albums pourront possiblement le faire cette année. Bref, un peu de fraîcheur et de sincérité juvénile ne peuvent que vous faire le bon effet, c'est-à-dire de rendre vos chaudes journées d'été encore plus ensoleillées.
Nos moments favoris: "It's 5", "Maybe You Can Owe Me", "Do the Whirlwind", "In Case We Die (Parts 1-4)", "The Cemetary", "What's in Store". Six chansons sur douze, c'est pas trop mal...
.: Étienne Fradette
Lundi, 11 juillet 2005
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