The Arcade Fire
Neon Bible
[ Merge ] 2007
Cote .: 8,0

Voici possiblement l’album le plus attendu de l’année, le deuxième du groupe indie-rock/post-rock montréalais The Arcade Fire. Le groupe a connu une ascension fulgurante en 2005 grâce à un premier album magnifique qui a été acclamé par la critique un peu partout à travers le monde.

Neon Bible reprend véritablement là où avait laissé Funeral, avec ses côtés sombres et théâtraux enveloppés d’envolées musicales irrésistibles. Le groupe de sept musiciens -- qui réussit encore à en ajouter en spectacle -- nous présente à nouveau une musique d’une richesse incomparable ajoutant de nombreuses orchestrations aux guitares, cordes, percussions et claviers déjà bien présents dans sa musique.

Le groupe a enregistré une partie de l’album dans des églises à Bedford et Montréal et a pu utiliser les orgues présents sur place pour en ajouter encore un peu plus à ce son déjà bien riche. Malgré tous ces instruments, on n’a jamais l’impression qu’ils en mettent trop. Tout est bien calculé et chaque instrument à son importance, sans voler la vedette ni restreindre l’importance des compositions.

J’avoue que j’étais passablement excité à la première écoute de l’album, mais je suis rapidement revenu sur terre. C’est que le chant de Win Butler sur la première pièce, "Black Mirror ", et sur la chanson-titre m’a profondément agacé, parce qu’un peu répétitif et monocorde. Heureusement, ce sentiment ne m’est revenu à aucun autre moment de l’album, qui totalise quarante-sept minutes.

Le premier extrait, "Keep the Car Running", et "The Well and the Lighthouse" seront assurément des pièces favorites en spectacle, alors que "Intervention" et "Ocean of Noise" nous ramènent en territoire connu et apprécié. Vous entendrez quelques phrases en français à l’occasion et c’est beaucoup plus plaisant de les entendre chantées par la voix agréable de Régine Chassagne, comme dans "Black Wave/Bad Vibrations", que par Win Butler dans "Black Mirror".

"(Antichrist Television Blues)" démarre de manière surprenante avec une guitare acoustique presque country, mais on s’y habitue rapidement et on en vient à se dire que ce n’est pas si country finalement. Cette pièce offre trois pages de texte que Butler nous chante sans pause pendant cinq minutes. Neon Bible est encore une fois un album qui nécessite plusieurs écoutes, puisque les facettes sont nombreuses et que la richesse musicale cache de nombreuses subtilités. L’album est excellent, mais je suis dans l’impossibilité de le trouver aussi bon que le précédent, les effets de surprise et de nouveauté n’étant plus au rendez-vous.

La version de luxe de l’album offre un très beau boîtier 3-D et des cartes permettant de faire des animations. C’est plaisant de déballer le tout comme un cadeau, mais après cinq minutes il ne reste plus aucun intérêt pour cette version de luxe sur laquelle on retrouve exactement le même contenu musical que sur la version régulière, évidemment moins chère. Avec ce nouvel opus, créatif à souhait, The Arcade Fire passe admirablement le test du deuxième album.

 

.: Richard Dion @ musicomania.ca
Mardi, 3 avril 2007

   

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