aKido
Playtime
[ Full Spin ] 2005
Cote .: 7,5

Grâce à un premier mini-album électronique très sympathique, aKido arrive à intéresser les radios, les pistes de danse et la bonne vieille chaîne stéréo de la maison. Même s’il est beaucoup trop court, Playtime s’enchaîne sans difficulté et se dévoile grâce au repeat.

La pochette du disque de Kim Gaboury, alias aKido, peut être trompeuse. On y voir un homme chauve baissant la tête sur un fond rouge. De quoi rappeler un certain Moby qui saute devant un fond vert sur son classique le plus populaire. Play, Playtime, il ne faudrait vraiment pas se tromper. Hommage, clin d’œil ou emprunt opportuniste ? Peu importe, le Québécois n’explore pas vraiment les mêmes territoires. Ce bon goût pour l’électronique les réunit peut-être, mais c’est à peu près tout. En mélangeant la house, la musique dansante intelligente (IDM), le techno ambiant et les sonorités hip-hop, l’univers des possibilités est infini.

"Happine$$" ouvre le bal de façon mélodique. Quelques nappes s’entrecroisent et progressivement, la tension s’active. Elle disparaît à mi-chemin et la séquence se répète jusqu’à la fin. Le genre de boucle qu’Apparat exerce avec succès depuis ses débuts. À priori, "La mémoire de l’onde" semble plus intimiste. Sauf que rapidement, des rythmes vigoureux et langoureux prennent le dessus. Quelques touches de synthétiseurs apparaissent également ici et là, mais la pièce se termine un peu trop vite. "China Babies" fait voyager dans un univers inconnu. Si le procédé n’est pas particulièrement inédit -- Boards of Canada et Mùm sont déjà passés par là --, impossible de ne pas être séduit dès la première écoute. Un air qui va sûrement bientôt se retrouver dans une publicité. "Neurones Miroirs" continue le périple d’une façon plus musclée, plus équivoque. C’est simple, terriblement efficace et la dernière minute contient même quelques surprises.

Changement total de style avec "Monoculture", qui se veut plutôt lourd et pompeux. Malgré son désir d’innover et de surprendre, le morceau se veut assez prévisible dans sa façon de combiner une voix robotique à des accords presque industriels. La pièce titre, qui utilise l’échantillonnage, est plutôt dansante. Malgré quelques réminiscences vieillottes, le résultat est plus rapproché de Stereolab que des hymnes yé-yé.

Avec la prédominance du piano, "Such a Waste" se veut sans doute le moment le plus intéressant. Le début est calme, posé et la symphonie évolue au gré des intempéries. La dernière plage, le simple "Les Humains", laisse perplexe. La voix de Pierre Falardeau est bien utilisée et le message social se combine généralement bien aux atmosphères développées. Cependant, les quelques élans hip-hop peuvent frustrer. Voilà probablement le seul moment moins immédiat de l’album.

Avec ses quelques 30 minutes, Playtime est un essai beaucoup trop court pour bien juger de la pertinence de cet aKido. Il possède le rythme, le son et les mélodies accrocheuses pour accoucher d’œuvres majestueuses et majeures. Il faudra seulement être un peu patient.

 

.: Martin Gignac
Vendredi, 21 octobre 2005

   

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