AFX
Chosen Lords
[ Rephlex ] 2006
Cote .: 8,0
La série AFX ou les fonds de tiroir de Richard D James ? Pas tout à fait, mais... En la présentant en édition limitée, Aphex Twin a contribué à notre doute quand vient le temps de se prononcer sur la valeur de cette série. Beaucoup plus mélodieux, les Chosen Lords se distinguent parmi d'autres laissés de côté en se concentrant sur la musique la plus facilement assimilable et imitable de ce génie.
Selon AFX, les racines les plus dominantes dans la musique de l'Irlandais rapidement déménagé en Angleterre sont assurément la techno de Détroit et l'électro de Chicago durant les années 80; "Batine Acid " se confondant presque avec ces styles pionniers. Toutes les facettes d'Aphex ne se rencontrent quand même que trop rarement lorsqu'il préfère se nommer AFX. Son éclectisme le plus extraverti n'est presque pas présent et l'électronique démente prend une forme beaucoup plus retenue et convenue, fin prête pour un interminable rave. Devenue une norme, l'anticonformisme d'AFX demande de connaître l'histoire et risque de décevoir les nouveaux auditeurs.
Certainement, aucune pièce d'AFX n'équivaut à la rencontre des contraires du Richard D James Album. Par contre, certaines pièces des Chosen Lords et d'autres sous l'incarnation AFX méritent d'être comparées aux meilleures de la compilation I Care Because You Do. Un sens mélodique de philosophie symphonique sublime la haute complexité technique d'une techno acid sur "Cilonen" et "Reunion 2". Des claviers à la tonalité flottante vous plongent dans une profonde mélancolie modifiant la nature de vos pensées pour le restant de la journée; Boards of Canada prend bonne note.
Il y a plusieurs années, James disait en entrevue cesser de travailler un morceau après deux ou trois jours seulement. Cela expliquerait les imperfections du mixage et l'absence d'un certain type de détails ajouté à la dernière minute sur ses réalisations. Un cerveau et une colonne vertébrale, c'est tout dont ils ont besoin ? Les membres des auditeurs ont ensuite accès à ce mécanisme et le font bouger à leur guise ? À la fin, "XMD 5a" fonctionne davantage toute seule, sous les Drukqs, avec un piano et des ambiances fièrement dévoilées, déterminantes dans l'action, proéminentes au lieu d'être cachées comme dans le passé.
Impossible de renier l'importance d'AFX, son influence inégalée sur la musique électronique des deux dernières décennies. En cessant de publier, James augmente la valeur des quelques créations qu'il rend disponible. Espérons seulement qu'il proposera bientôt du nouveau matériel au lieu de revenir constamment avec des compilations d'archives ou de nouveau matériel n'en ayant pas l'apparence. Selon plusieurs, celle-ci est meilleure que Drukqs. Je suis d'accord, mais Chosen Lords n'est pas le meilleur de Aphex Twin.
.: Vincent Bergeron @ critiquesdisques.com
Vendredi, 12 mai 2006
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